La silhouette de l’hiver 2008 est donc directement inspirée de celle particulièrement architecturée de la Renaissance. Un torse hyper travaillé et structuré affirmant force et masculinité, des jambes en finesses et sobriété. Les plis et découpes traditionnellement usités pour apporter confort et liberté de mouvement sont ici réutilisés en éléments à la fois décoratifs et structurants que ce soit sur les épaules, les plis des coudes, sur le torse ou la ligne du dos.
Pour la première fois, la couleur est quasiment absente et le noir est prédominant, contrainte choisie afin de se concentrer sur les volumes et donner toute sa cohérence à la collection. Anthony McCall, artiste britannique vivant aux Etats Unis, collu pour ses films de «lumière solide», est une des inspirations prépondérantes de cette collection.
Le noir n'est pas inquiétant mais est utilisé comme une force qui guide les jeux de lumières. Les découpes utilisées dans les surfaces noires font apparaître un éclat de lumière qui dessine les volumes. Un jeu subtil de brillance, de mise en relief se crée par la réflexion de la lumière sur les différentes textures et les jeux de tissages: des jacquards, des fausses fourrures, des matières brillantes, mates et même des cotons perforés, calendrés.
Le titre de la collection est directement inspiré du livre de polaroids de Robert Mapplethorpe : trouver la force dans l’équilibre comme dans ses photos dont le classicisme dégage pourtant une puissance singulière.
Tous les basiques de la garde robe masculine sont retravaillés : de la veste de smoking au trench, du caban au blouson, en passant par le bomber. Jusqu’aux matériaux eux-mêmes, nobles et classiques : cashmere, coton, blackwatch, gabardine de laine…
Les chemises sont pour certaines à plastron, réutilisent les button-down, se structurent par un pli dans le dos ou des pinces sur les hanches. Elles jouent avec le classicisme des rayures et des carreaux. Le pantalon se concentre sur un volume unique. Seuls les différentes découpes et plis structurent la ligne de manière subtile.
La salopette tayloring bénéfice de l’élégance d’une ganse de laine qui défile le long de la jambe. La collection de chaussettes complète l’ensemble et s’amuse de l’effet trompe l’œil d’une double chaussette, tout en gardant le confort et l’élégance du fil d’écosse, du cashmere, et du fil de soie. Les chaussures quant à elles (derbies et boots) se déclinent en verni, imprimé de croco et satin, noir et faux noir.
Le chapeau, entre casquette et chapeau classique, a été travaillé avec Elvis Pompilio. Son porté, légèrement déséquilibré, parachève l’élégance de la silhouette.
Enfin, la musique de Wagner accompagne cette silhouette élégante, à la limite de l’excentricité.