L’histoire d’une belle aventure
C’est en janvier 1998 que Laurence Everard crée, en collaboration avec la styliste Val Pollet, la sprl KESAR. « J’avais envie d’avoir un produit et j’avais envie qu’il soit fabriqué en Inde, et plus particulièrement au Rajasthan! Ce pays permettait d’avoir accès à des techniques de broderies et d’impressions qui ne sont plus utilisées en Europe. L’accueil enthousiaste et chaleureux d’un fabriquant local a fini par nous convaincre que l’idée était excellente. L’histoire commence là ! » Rien ne prédestinait Laurence Everard à faire carrière dans le textile. Comédienne de formation, elle a fait un long bout de chemin dans le télé-marketing et le marketing direct, dans une société dont elle était actionnaire, avant de se tourner vers ce secteur d’activités qui lui était pourtant inconnu. Intuitive ? Elle l’est certainement! Ce projet un peu fou, elle l’a pourtant mûrement réfléchi. « J’étais assez libre à l’époque. J’ai pris le temps de voyager et comme toutes les personnes qui vont en Inde, j’ai été séduite par ce qui attirait mon regard: les saris, les couleurs, les broderies. C’est aussi un pays qui ouvre grand les bras aux entrepreneurs ». Après une petite étude de marché, elle constate que les boutiques de prêt-à-porter moyen de gamme recherchent une marque d’accessoires créative, à prix abordables. Elle se retrouve rapidement avec une trentaine de foulards dans une gamme de coloris chatoyants. C’est très visuel et l’engouement est immédiat !
De nouvelles portes s’ouvrent
Val avait envie de dessiner une ligne qui se situe entre l’accessoire et le vêtement. Elle sentait que les clients attendaient d’avantage que des foulards. « Autant j’avais pris le temps de réfléchir pour le lancement de la marque de foulards, autant pour lancer notre propre marque de prêt-à-porter, j’ai suivi mon intuition. « Mais il est où le soleil ? » voit le jour ! »
Un tournant décisif
Dans la foulée de la création de la griffe « Mais il est où le soleil ? », le premier magasin éponyme ouvre ses portes Place du Châtelain à Bruxelles. En même temps, la première collection, présentée au salon du prêt-à-porter à Bruxelles, remporte un vif succès. « Nous avons immédiatement eu une quarantaine de clients. C’était incroyable mais nous ne le savions pas ! » Ensuite, le premier client français, à Quimper, veut devenir agent pour la France. Un second marché se développe. Laurence Everard décide de participer au salon du prêt-à-porter parisien où trois autres agents français seront recrutés. D’autre part, « Mais il est où le soleil ? » a l’opportunité de participer à Pure, le salon du prêt-à-porter à Londres., sur un stand de Bruxelles Capitale. « Aujourd’hui, la société fait plus des 2/3 du chiffre d’affaires à l’étranger. » Dans la foulée, une nouvelle boutique ouvre ses portes à Anvers.
La vie s’organise
« Actuellement, nous devons gérer un stock particulièrement important. Louer un entrepôt à Bruxelles est devenu une utopie, financièrement parlant. » Même si la décision a été difficile à prendre, Laurence Everard a choisi d’installer le stock sur le zoning de Ghislenghien. D’autant plus qu’il s’agit actuellement de plusieurs containers par saison ! Les bureaux et le show room de « Mais il est où le soleil ? » se trouvent par contre toujours à Bruxelles et déménagent bientôt dans de nouveaux locaux. « J’attache énormément d’importance à la logistique. On a beau avoir la plus belle collection du monde, si on la livre après tout le monde, on est quand même très mauvais ! Je nous décerne le titre de « Champion du monde des livraisons ». On est toujours les premiers à livrer et on se considère comme très mauvais si on n’est pas prêt le 23 juin pour l’hiver et le 23 décembre pour l’été. Je veux absolument que nos produits soient à la première vitrine de la saison, même si j’ai du mal à comprendre qu’on achète déjà une doudoune en plein mois d’août ! Le catalogue de la prochaine collection est d’ailleurs distribué gracieusement pendant les soldes. »
Plus qu’une mode, un style
« Mais il est où le soleil ? », c’est d’abord quelques modèles un peu surprenants en jersey et de la viscose très floue qu’on combine à l’infini. Début des années 2000, les superpositions sont à la mode et la marque surfe sur cette vague-là avec des pièces qui, prises séparément, offrent toutes un bon rapport qualité-prix. C’est sur le panier total que le chiffre se fait puisqu’il faut avoir trois, quatre ou cinq pièces pour avoir la silhouette de base. Ensuite la mode a changé, son vocabulaire et la femme ont également évolué. La collection demeure extrêmement ludique et permet à la femme de rester maîtresse de son look. Il y a moins de superpositions. En revanche, sur chaque vêtement, il y a une surprise. Tantôt un lien, tantôt autre chose. Les formes sont plus près du corps, on n’hésite plus à faire une veste et le style évolue. « La consommatrice qui nous aime, c’est le contraire de la fashion victim. C’est la femme qui lit un magazine, qui sait ce qui est tendance mais qui se connaît et qui sait que si ça va à Madonna, ça ne lui va pas forcément à elle ! » Côté tailles, « Mais il est où le soleil ? » travaille les différents modèles du 36 au 46. Un point fort qui fait aussi la différence. « Nous proposons des vêtements qui conviennent à des événements spéciaux mais qui sont portables après. Ce n’est pas facile à trouver. Nous définissons plutôt nos clientes par rapport à leur attitude que par rapport à une mode ou à une génération. »
« Nous avons eu une excellente intuition, au début, en proposant des pièces en voile très flou. Ç’est un produit qui a vraiment rencontré son public et on est seulement en train de terminer ce chapitre maintenant ! » Les prochaines collections seront d’avantage déclinées sous le signe du dépouillement et de la féminité. « Quand la mode est plus près du corps, elle est forcément plus féminine, même en 46 ! » Pour l’instant, elle offre à la femme la possibilité de porter du long grâce à un subtil jeu de jupons mais la longueur au genou garde ses prérogatives.
Publié le 02/04/2008