
65 000 kilomètres. C’est la distance que parcourt un jean, de la filature de la toile à son arrivée en boutique. Pour les marques, la toile représente un enjeu primordial. Pour cela, elles traversent le monde entier pour trouver la perle rare. Du choix du coton au délavage, en passant par la méthode de tissage, tout compte ! Les fabricants de jeans se sont lancés dans une véritable quête de la toile parfaite. Mais à quoi ressemble-t-elle ? Lourde et authentique, elle comporte quelques aspérités subtiles et délicates. Le fil a pour obligation d’être fin. Le colorant utilisé doit contenir le moins de teinture au soufre possible. En effet, lorsqu’on pré-teint au soufre, le fil devient gris-bleu mais jamais blanc-bleu. L’idéal consiste à acheter des toiles bien serrées.
UNE GRANDE VARIÉTÉ DE TOILES
Mais pour fabriquer un beau tissu, il faut obligatoirement un beau coton ! La qualité de cette fibre naturelle dépend essentiellement de sa longueur et de la proportion de corps étrangers qu’elle contient (poussières, feuilles, traces d’huile...). De nombreuses marques du nord ont choisi l’Inde pour fabriquer leurs jeans. Il faut dire que les Indiens possèdent un savoir-faire dans ce domaine et une bonne connaissance de la toile. Tous les tissus sont fabriqués et pensés en fonction de l’aspect final souhaité. Pour un rendu très brut, la toile est plus solide et plus noire. En revanche, si le fabricant veut obtenir un jean vintage, il ajoute des pigments marron et jaunes. Après grattage, le côté usé ressort naturellement. Pour des délavages plus visuels, des toiles donnant de meilleurs contrastes sont utilisés. En ce moment, le tissu dont tout le monde parle, c’est la toile japonaise. Le Pays du soleil levant a une véritable culture de l’indigo. Là-bas, les teintures sont très nobles, très pures. Les Japonais effectuent une recherche fondamentale constante sur le tissu. Toutefois, le travail de cette toile correspond plus à une production artisanale qu’industrielle. Son prix est très élevé et correspond une clientèle minoritaire sur le marché mondial du jean.
TENDANCES NORD ET SUD
Sur le marché mondial du jean, deux tissus coexistent : le denim stretch et le denim non-stretch. Le stretch est utilisé essentiellement pour les modèles femme. D’ailleurs, plus des trois-quarts des jeans femme fabriqués contiennent du stretch. Au niveau du style en Europe, le denim noir avec un aspect brillant remporte un large succès tout comme les denim blancs, marron et bleus. Mais le tissu le plus demandé actuellement est le denim vintage. Le Sud de l’Europe en est très friand alors que le Nord reste fidèle à une tendance un peu plus brute. Pour autant, le consommateur européen a évolué. Le vêtement « jetable » n’a plus la cote. La mode est au jean qui fait partie de soi-même et qui dure !
LE DÉLAVAGE BLACK-BLACK : toile noire que l’on va teindre en noir. BLEACHED : aspect ultra-délavé, toile blanchie avec du chlore. BRUT : toile denim à l’état naturel. CREASED : striures décolorées dans la longueur du jean. Effet obtenu grâce à l’utilisation de brosses ou de lasers. FROSTED DENIM : délavage bleu pâle, typique des années 1970. RINSE WASHED : toile brute que l’on a simplement rincée. STONE-WASHED : toile lavée en machine avec des pierres qui assouplissent par endroit le tissu. USED : toile stone-washed frottée avec du sable pour lui donner un aspect vieilli. | LA COUPE ANTI-FIT : coupe baggy. BOOTCUT : coupe assez cintrée à la taille qui devient plus évasée en bas de la jambe. FLARE : coupe étroite qui s’élargit au niveau des chevilles. LOOSE-FIT : coupe large, confortable. PATTES D’EF’ : coupe ajustée à la taille qui s’élargit au niveau des cuisses. SKINNY : coupe très étroite pour femme. L’utilisation de tissu stretch rend le jean très serré sur toute la longueur de jambe, comme une seconde peau. SLIM : coupe serrée tout le long de la jambe, mais plus spécifiquement au niveau des cuisses. |