L’univers que nous visitons aujourd’hui est celui de l’excellence, sans concession aucune. La qualité des pièces produites ici est la meilleure, et les tarifs, par voie de conséquence,forcément étourdissants. par yves denis.
Zilli, c’est un peu l’Aston Martin du prêt-à-porter. Moins connu que Rolls- Royce (Hermès) mais aussi exceptionnel, et riche d’une clientèle plus pointue encore. Fondée en 1970 par Alain Schimel, la maison n’est connue que d’une minorité de connaisseurs, sa clientèle est constituée d’amateurs fortunés habitués à ne s’offrir que le meilleur en toute chose, et pour le reste elle sert d’étalon or à tous ceux qui ne peuvent s’en offrir les articles. Un cas à part, en ce sens qu’Hermès reste accessible, par certains de ses articles (cravates, foulards) à une clientèle assez large, alors que Zilli ne se réserve que pour les vrais riches. Inutile de dire que, partant de là, les fidèles de la griffe sont aujourd’hui les Orientaux et les Russes, et que bien peu de Français goûtent au bonheur d’un manteau ou d’un blouson parmi les plus beaux du monde. Question d’économie ? Pas seulement, si l’on en croit Laurent Schimel, directeur général.
En matière de vêtement, deux points déterminent la qualité d’un produit : les matières utilisées et la façon - autrement dit le soin apporté à la qualité de fabrication. Essentielle, la coupe assure la dimension mode de l’article, mais ne présume en rien de sa qualité de fabrication : on a vu, on voit et on verra encore, des pièces très tendance extrêmement mal fabriquées, et c’est là que l’engouement d’une certaine clientèle pour la mode montre ses limites. A l’inverse de certaines maisons plus préoccupées de look que de qualité - le paraître avant l’être - d’autres ont construit leur image sur des produits un peu moins spectaculaires mais beaucoup plus qualitatifs. Les Hermès, Loro Piana, Zilli et consorts, font partie de celles-là. Et il serait erroné de penser que cette quête éperdue de la qualité ultime ne peut s’exprimer que sur des produits classiques, voire pépères : à côté des pièces effectivement très traditionnelles qui font leur coeur de catalogue, ces mêmes maisons proposent toutes par ailleurs des créations audacieuses, pour le développement desquelles elles donnent l’impression de « s’être lâchées », et qui tutoient l’exceptionnel. Au sein de ce club très fermé, la particularité de Zilli est de ne proposer que ces pièces exceptionnelles.
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Evidemment, cette course en avant a un prix, et les grosses pièces vendues rue François 1er sont affichées à des tarifs rédhibitoires pour tout un chacun : 30 à 40.000 ! constituent un prix standard pour un manteau classique en vigogne, tandis qu’un blouson de croco peut allègrement dépasser le cap des 100.000 !. Sans commentaire. On se pose naturellement la question de savoir qui achète des vêtements de ce prix, et on se dit que ce n’est certainement pas en France que la maison va les écouler. Faux : la plupart de ces pièces sont vendues par les boutiques de Paris et de Londres, quoi que souvent exportées à Dubaï et Moscou.
« Ce n’est pas le fait que les Français n’en ont pas les moyens, précise Laurent Schimel, mais c’est une question de culture : ils vont mettre cette somme dans une Bentley mais pas dans un manteau ». Dont acte. Ceci étant dit, un manteau de vigogne va bien mieux au teint d’un cuir de Bentley qu’un pardessus de cachemire... Quoi qu’il en soit, c’est clair : on baigne ici dans l’exceptionnel. Pour mieux en comprendre l’essence, nous avons visité l’atelier de production du vêtement homme historique, celui du cuir, à Lyon. Une visite dont le puriste ne sort pas indemne.
De père en fils : À 33 ans,Laurent Shimel,directeur général de Zilli,s’occupe des chemises, des accessoires, et de l’achat des matières premières,cuirs et fourrures principalement.Une fonction qu’il partage avec son père Alain Shimel, et avec Tony Magalhaes. Lorsqu’on lui demande à quelle date il est entré dans l’entreprise,il répond spontanément :«Le jour de ma naissance ! ».Plus sérieusement, il a rejoint Zilli en 2002, après plusieurs stages effectués chez divers fournisseurs de la maison. | |

Evidemment, cette course en avant a un prix, et les grosses pièces vendues rue François 1er sont affichées à des tarifs rédhibitoires pour tout un chacun : 30 à 40.000 ! constituent un prix standard pour un manteau classique en vigogne, tandis qu’un blouson de croco peut allègrement dépasser le cap des 100.000 !. Sans commentaire. On se pose naturellement la question de savoir qui achète des vêtements de ce prix, et on se dit que ce n’est certainement pas en France que la maison va les écouler. Faux : la plupart de ces pièces sont vendues par les boutiques de Paris et de Londres, quoi que souvent exportées à Dubaï et Moscou.
« Ce n’est pas le fait que les Français n’en ont pas les moyens, précise Laurent Schimel, mais c’est une question de culture : ils vont mettre cette somme dans une Bentley mais pas dans un manteau ». Dont acte. Ceci étant dit, un manteau de vigogne va bien mieux au teint d’un cuir de Bentley qu’un pardessus de cachemire... Quoi qu’il en soit, c’est clair : on baigne ici dans l’exceptionnel. Pour mieux en comprendre l’essence, nous avons visité l’atelier de production du vêtement homme historique, celui du cuir, à Lyon. Une visite dont le puriste ne sort pas indemne.
à suivre (...)