Photo de Florence Bonnet Touré à la Fédération National de l'Habillement

Micro PM : Florence Bonnet Touré – FNH

Pour cette nouvelle édition de Micro PM, nous avons eu le plaisir de rencontrer Florence Bonnet Touré, Déléguée Générale de la Fédération Nationale de l’Habillement. L’occasion d’en savoir plus sur son rôle, la fédération et leur lutte constante contre la fast fashion. 

Est-ce que vous pouvez vous présenter et parler de votre rôle en tant que déléguée générale au sein de la FNH ?

Je suis déléguée générale de la Fédération Nationale de l’Habillement.

Concrètement, mon rôle est d’élaborer et de coordonner la stratégie de la FNH, en lien avec le président et les administrateurs. Je participe à la définition des grandes orientations et je veille surtout à ce qu’elles soient mises en œuvre de manière opérationnelle. J’interviens aussi dans la représentation de la Fédération, que ce soit sur les sujets sociaux, économiques ou institutionnels, et je contribue à promouvoir et à valoriser le secteur de l’habillement. En interne, j’anime et je coordonne l’équipe, je pilote les instances fédérales. Je veille au bon fonctionnement global de la structure, que ce soit sur les ressources humaines, les finances ou la trésorerie. L’idée, c’est d’assurer la cohérence entre la vision stratégique et la réalité du terrain. “

Comment présenter la FNH à celles et ceux qui ne la connaissent pas encore ?

La FNH est la première organisation du secteur. Elle représente, fédère, défend et accompagne tout le réseau national des détaillants indépendants multimarques.

Elle regroupe donc des commerces indépendants de mode sur l’ensemble du territoire. Son rôle est à la fois institutionnel et opérationnel. Elle structure le secteur, porte ses intérêts et soutient les commerçants dans leurs problématiques quotidiennes.

Combien de permanents composent aujourd’hui l’équipe et quels sont les pôles d’expertise ?

Aujourd’hui, nous sommes six permanents.
En termes de pôles d’expertise, le pôle central est le pôle social. C’est vraiment le cœur de la Fédération. Céline en est l’experte principale, notamment sur tout ce qui concerne la négociation de la convention collective.
En France, la plupart des secteurs d’activité sont organisés autour de conventions collectives. Les entreprises sont rattachées à une convention collective qui fixe un cadre commun. La Fédération anime et pilote la négociation collective du secteur du commerce de l’habillement. C’est une mission fondatrice. Être représentatif signifie que nous sommes reconnus comme légitimes pour conduire cette négociation au nom du secteur. La convention collective fixe l’ensemble des règles de fonctionnement entre les salariés et les commerçants, c’est-à-dire leurs employeurs : conditions de travail, cadre juridique, obligations respectives.

Au-delà de cette mission structurante, le pôle social assure aussi un travail d’expertise et de conseil pour les adhérents. Notamment sur les questions RH, les contrats de travail ou toute problématique juridique liée à la gestion d’un commerce.

Quelle est la différence entre votre rôle pour l’ensemble du secteur et votre accompagnement des adhérents ?

Il y a d’abord un rôle fédérateur, qui concerne l’ensemble des entreprises du secteur, qu’elles soient adhérentes ou non. Ce rôle consiste à défendre les intérêts collectifs, à faire du lobbying global, à négocier la convention collective et à informer sur les problématiques du secteur.
Nous sensibilisons aux enjeux économiques, sociaux et réglementaires. Ces informations sont accessibles à tous via notre site internet, nos newsletters et nos réseaux sociaux.
En parallèle, il existe un second niveau d’intervention, réservé aux adhérents. Pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé, il faut choisir d’adhérer et payer une cotisation annuelle.

Cette cotisation donne accès à un ensemble de services individualisés : conseils juridiques, accompagnement RH, mise en relation avec des avocats spécialisés, orientation vers des prestataire utiles pour les commerçants avec lesquels nous avons négocié des tarifs privilégiés.
Lorsque je suis adhérent, j’ai par exemple accès à une protection juridique comprise dans l’adhésion. En cas de contentieux ou de problème, j’appelle la FNH qui me met en lien avec le service compétent. Cela ne génère aucun coût supplémentaire.
Il n’y a pas de limitation d’usage : une fois la cotisation payée, je peux solliciter les services autant que nécessaire au cours de l’année. C’est un accompagnement à la carte, mobilisable à tout moment en fonction des besoins du commerçant.

Pourquoi la lutte contre la fast fashion est-elle devenue prioritaire pour la FNH ?

Ce combat est devenu prioritaire parce qu’il s’agit d’une menace internationale qui a pris une ampleur considérable ces deux dernières années.
Avant le Covid, il existait déjà des prémices de fast fashion et d’ultra fast fashion. Ces modèles économiques bousculaient l’activité des commerçants indépendants, mais sans provoquer immédiatement un risque de catastrophe.
Depuis le Covid, avec l’accélération des plateformes internationales et l’évolution rapide des modes de consommation, le phénomène s’est intensifié. En deux ou trois ans, ces plateformes ont pris une place très importante dans la consommation des Français.
La part d’activité qu’elles ont captée s’est accrue très rapidement, ce qui a entraîné une accélération du nombre de liquidations judiciaires de marques et de commerces.

Nous sommes donc en alerte maximale depuis deux ans.

Il existe des règles de concurrence inégales : par exemple, les petits colis de moins de 150 euros bénéficient d’une franchise de droits de douane. Ces plateformes ont largement utilisé ce dispositif.
Elles n’ont aucun point de vente en France, ne paient aucune charge sociale liée à l’emploi en France, et vendent des produits à très bas prix, souvent de très mauvaise qualité. Sans supporter les mêmes taxes que les commerces implantés sur le territoire.
Il y a donc un déséquilibre entre, d’un côté, des commerces français qui paient charges et taxes. De l’autre, des plateformes internationales qui vendent massivement sans les mêmes contraintes.
Face à cette situation, il est devenu nécessaire d’alerter le gouvernement et les institutions européennes, car le rétablissement de l’équilibre relève du cadre réglementaire, notamment au niveau européen et gouvernemental français. “

Comment la FNH mène-t-elle ce combat ?

“ Nous prenons la parole publiquement et travaillons en coordination avec d’autres organisations du commerce, comme la CDF ou la CDCF, et des organisations interprofessionnelles comme la CPME afin de porter un message commun.

Nous intervenons dans les médias, relayons nos positions sur les réseaux sociaux et dans nos newsletters, et rencontrons régulièrement les institutions françaises et européennes.

L’objectif est de les sensibiliser aux enjeux et aux conséquences pour le secteur, et de proposer des solutions alternatives pour rétablir des règles de concurrence plus équilibrées. “

Nina Silva l PagesMode

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