Photo de manifestants pour le Fashion Revolution Day

FASHION REVOLUTION : voir la mode autrement

Et si la pièce que tu portes en ce moment avait une histoire qu’on ne t’a jamais racontée ?

Une semaine, une question, un mouvement mondial

Chaque année fin avril, une question s’invite dans les feeds mode du monde entier. Pas « quelle est la couleur de la saison ? » ni « comment porter le total look ? », mais quelque chose de plus profond : #WhoMadeMyClothes, (Qui a fait mes vêtements?)

C’est la Fashion Revolution Week. Et si tu ne la connais pas encore, cet article est fait pour toi. Parce que derrière ce mouvement, il y a une histoire forte, une communauté inspirante, et surtout une belle invitation à regarder la mode différemment, sans se prendre la tête.

D’où vient cette journée ?

Tout commence le 24 avril 2013, à Dhaka, au Bangladesh. Le Rana Plaza, un immeuble abritant plusieurs ateliers textiles, s’effondre. Le bilan est lourd, plus de 1 100 morts parmi les ouvriers qui fabriquaient des vêtements pour des marques internationales. La catastrophe fait l’effet d’un électrochoc, pour la première fois, le grand public réalise concrètement ce qui peut se cacher derrière une étiquette.

En réponse, les créatrices britanniques Carry Somers et Orsola de Castro fondent le collectif Fashion Revolution. Leur idée ? Pas de discours moralisateur, mais une action simple et visible, interpeller les marques directement, via les réseaux sociaux, pour qu’elles parlent de leurs conditions de fabrication.

La première Fashion Revolution Day est lancée le 24 avril 2014, date anniversaire du drame. Le concept séduit immédiatement des centaines de milliers de personnes dans le monde. En France, le hashtag #JeVeuxSavoir accompagne le mouvement. Depuis 2015, la journée s’est transformée en Fashion Revolution Week, sept jours de curiosité, de découverte et de conversations autour de la mode, célébrés aujourd’hui dans plus de 96 pays.

Fashion Revolution Week, ça ressemble à quoi ?

C’est avant tout une ambiance, curieuse et ouverte.
Voilà ce qui se passe pendant ces sept jours :

Le geste : on retourne son vêtement, étiquette visible, on se prend en photo et on la poste avec le hashtag #WhoMadeMyClothes en taguant la marque. Certaines répondent avec le hashtag #IMadeYourClothes, en montrant les équipes qui fabriquent leurs pièces. Un échange simple, mais qui dit beaucoup.

Les événements : partout en France (Paris, Marseille, Lyon, Angers…), la semaine s’anime avec des conférences, des ateliers de customisation, des défilés alternatifs, des projections. C’est ouvert à tous, souvent gratuit, et toujours inspirant. L’idée est de créer des espaces de dialogue entre créateurs, marques et communautés mode.

L’esprit global : la Fashion Revolution Week ne cherche pas à culpabiliser. Elle invite simplement à la curiosité, à se demander d’où vient ce qu’on porte, et à valoriser celles et ceux qui le fabriquent. C’est une célébration autant qu’une prise de conscience.

Les applis qui te donnent la réponse en deux secondes

Bonne nouvelle, en 2025, pas besoin d’être experte pour savoir d’où vient un vêtement. Deux applications font le job parfaitement.

applis - Fashion Revolution
À gauche Clear Fashion, à droite Good On You

Clear Fashion, le Yuka de la mode

Fondée par deux ingénieures françaises, Clear Fashion évalue les marques et leurs vêtements selon plus de 150 critères : environnement, conditions humaines de production, santé et bien-être animal. Tu scannes le code-barres ou l’étiquette d’un vêtement, et tu obtiens instantanément son score, clair et lisible. Plus de 500 marques sont répertoriées, et l’évaluation est totalement indépendante. C’est l’appli à avoir dans son téléphone quand on fait du shopping.

Good On You

L’équivalent international, avec plus de 2 000 marques référencées à travers le monde. L’interface est en anglais mais super intuitive : les marques sont notées de « Great » à « We avoid ». Idéal pour les achats de labels internationaux et pour explorer des alternatives qu’on ne connaissait pas encore.

Ces deux outils, c’est un peu comme avoir un styliste éthique dans sa poche. Sans prise de tête, juste de l’info utile.

Les marques qui incarnent ce changement

La Fashion Revolution a contribué à faire émerger toute une nouvelle génération de marques qui prouvent que mode éthique et beau style ne sont pas incompatibles. En voilà quelques-unes qui nous inspirent vraiment.

Bonnegueule, la mode masculine qui dure

Né comme un blog de conseils mode il y a plus de 15 ans, Bonnegueule est devenu bien plus qu’une marque mais une référence pour les hommes qui veulent bien s’habiller, longtemps. Leur approche ? Des pièces pensées pour traverser les saisons sans se démoder, fabriquées en Europe avec des matières rigoureusement sélectionnées, laine mérinos, coton bio, lin… Et depuis peu, une vraie démarche de circularité avec un service de retouche et réparation, plateforme seconde main, et une conviction qu’un vêtement bien conçu peut être porté longtemps et être transmis. Le genre de marque qu’on achète une fois et qu’on garde.

Jane Blue Paris, la poésie du slow fashion

Jane Blue Paris propose des pièces pensées dans le moindre détail : matières naturelles et durables, production raisonnée, esthétique douce et intemporelle. Pas de surproduction, pas de collections qui s’enchaînent à toute vitesse. Juste des vêtements qu’on a envie de garder longtemps et qui le méritent. À explorer via leur espace Blue More, une vraie pépite.

Aïdama, les vêtements qui font sens

Née de l’envie de remettre du sens dans nos armoires, Aidama crée des vêtements pensés pour durer, justes et essentiels. Ici, pas de collections éphémères ou de tendances fugaces : chaque pièce est conçue comme un compagnon de route, fabriquée au Portugal dans des ateliers à taille humaine, à partir de matières naturelles et traçables. Leur vision ? Une mode plus consciente, où l’on achète moins mais mieux, où un t-shirt ou un pantalon racontent quelque chose de vrai, du fil à la coupe. Et parce qu’un vêtement bien fait mérite de vivre longtemps, Aidama encourage l’entretien, la réparation et la revente. Une marque utile, au service de ceux qui veulent s’habiller avec bon sens, sans renoncer au style.

Marine Serre, l’upcycling comme art de vivre

Impossible de parler de mode responsable sans évoquer Marine Serre. Cette créatrice française, passée par Marseille puis par les plus grandes maisons (Balenciaga, Alexander McQueen, Margiela), a remporté le Prix LVMH en 2017 et n’a jamais cessé depuis de réinventer les règles.

Sa signature ? L’upcycling : entre 30% et 50% de ses silhouettes sont créées à partir de vêtements et matières récupérés, d’anciens jeans, des tapis, des écharpes vintage, retravaillés pour devenir des pièces iconiques et très désirables. Ce qui est fascinant chez Marine Serre, c’est qu’elle n’a pas « ajouté » une dimension éthique à son travail : c’est son processus créatif lui-même qui est construit autour de ça. Une approche qui inspire toute une nouvelle génération de designers.

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Looks présentés lors des défilés de la Fashion Week signés Marine Serre

La mode, autrement et avec plaisir

Ce qu’on retient de la Fashion Revolution Week, c’est avant tout un changement de regard. Pas une révolution punitive, mais une invitation à regarder son dressing avec plus de curiosité et d’affection.

Retomber amoureux-se des pièces qu’on a déjà. Découvrir des marques qu’on ne connaissait pas. Poser des questions auxquelles on mérite des réponses. Et parfois, choisir différemment, non pas par obligation, mais parce qu’on sait que c’est mieux, pour soi et pour les autres.

Nos recommandations PagesMode pour le Fashion Revolution Day : 

✦ Télécharge Clear Fashion ou Good On You et commence par scanner une pièce que tu aimes.

✦ Le 24 avril, retourne un vêtement, prends-toi en photo et pose la question à la marque : #WhoMadeMyClothes / #JeVeuxSavoir.

✦ Explore Jane Blue Paris, Bonnegueule ou encore Aidama, parfois les plus belles découvertes viennent de là où on ne cherche pas encore.

✦ Regarde ce que tu as déjà dans ton dressing avant d’en remplir un nouveau. Spoiler : il y a probablement des pépites oubliées.

Nina Silva l PagesMode

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