Lors de notre échange avec Loïc, dirigeant de Moonpack, il nous a parlé d’une entreprise familiale qui a su se réinventer. Troisième génération aux commandes, il a transformé une société d’import d’emballages en une marque moderne, agile, capable de servir aussi bien le petit commerce que le grand compte et de viser, comme son nom l’indique, beaucoup plus haut.
Comment est née l’idée de Moonpack et quel constat de départ a motivé sa création ?
“Galant Emballage, c’est une société familiale fondée en 1978, spécialisée dans l’import et la distribution d’emballages pour les commerces. Avant le Covid, on cherchait des solutions pour rendre accessibles, en petite série et en livraison rapide, des produits qu’on importait jusqu’alors uniquement en grande quantité. On a commencé à investir dans cette direction, et le Covid a tout accéléré. C’est comme ça qu’est né Moonpack. Une offre de grossiste rendue accessible en petite série, avec des technologies d’impression en interne et une logistique rapide. Le mot accessibilité, c’est vraiment le cœur de la stratégie, permettre aux gens d’avoir des choses qu’ils ne pourraient pas se permettre sans nous. Je suis la troisième génération de la famille. Après des études à HEC et deux ans en business development dans le secteur pharmaceutique, j’ai repris les rênes de l’entreprise familiale. Ce n’était pas une destinée tracée d’avance, c’était avant tout une opportunité d’entrepreneuriat que j’ai saisie.”
D’où vient le nom Moonpack ?
“ Au départ, on s’appelait Chronopack, une référence directe à la rapidité de livraison. Des contraintes liées à l’enregistrement de la marque nous ont obligés à ne l’utiliser que sur une seule catégorie de produits. On a pris ça comme un signal : il était temps de changer de nom, et de changer d’image. Chronopack nous enfermait dans une posture d’urgence et d’express. Or notre ambition allait bien au-delà : devenir un partenaire à part entière de nos clients, y compris pour des projets sur mesure. Le nouveau nom devait refléter ça. Moon, la lune, dit quelque chose d’infini, d’ambitieux. Tout le monde veut viser la lune. Ça ouvre aussi un champ de slogans forts : « the Moon or Nothing ». Notre démarche se construit autour d’une volonté d’avancer, l’ambition est la clé”.
Comment se déroule concrètement la création d’un emballage chez Moonpack, de la demande au produit final ?
“ Il y a deux parcours bien distincts. Le premier, c’est la gamme standard, tout se passe en ligne. Le client identifie son produit, choisit ses options : nombre de faces, couleur, dorure à chaud et commande directement sur le site. Nos graphistes en interne prennent en charge le design, réalisent un bon à tirer et le soumettent au client via la plateforme. Dès l’accord du client, la commande est automatiquement dispatchée en production. Le délai moyen est de 48 heures.

Le deuxième parcours, c’est le sur-mesure, ce qu’on appelle en interne le MTO, Manufacturing to Order. Il représente aujourd’hui 50 % de notre chiffre d’affaires. Tout part du cahier des charges du client. On fait une offre, on négocie les conditions, et une fois les acomptes reçus, on lance le travail de design et de pré-presse en collaboration étroite avec le client. La production est ensuite confiée à nos usines partenaires. Les délais vont de deux semaines à quatre mois selon les volumes et l’origine. À la réception, on assure le contrôle, le stockage si besoin, et le dispatch fractionné pour les clients multi-points de vente.”
Quels procédés d’impression utilisez-vous et pourquoi ce choix ?
“ On utilise presque tout : impression digitale, UV, hotfoil, scénographie, et le contrecollage offset. L’objectif, c’est de ne jamais être bloqué par un projet. Pour certains formats hors standard, comme du B0 en scénographie, on sous-traite mais on peut toujours proposer une alternative rapide en interne. C’est ça, la capacité à répondre à toutes les demandes, concrètement.
On maintient aussi un parc machines en réserve, prêt à être activé dès qu’une opportunité se présente. C’est exactement ce qui nous a permis de réagir très vite au moment du Covid, les investissements étaient là, en stand-by, et on a pu les déployer immédiatement.”
Quelle place occupe l’écologie dans la réflexion globale de Moonpack ?
“ Le premier engagement, c’est la proximité. Produire en Belgique pour un marché principalement français et belge, c’est déjà réduire considérablement l’impact logistique. On est labellisé FSC sous le nom Galant Emballage, Moonpack n’étant qu’un nom commercial de la société. Sur la gamme e-commerce, on pousse très activement nos clients vers la pochette en kraft labellisée FSC : produite en Europe, imprimée en Belgique, disponible en stock et livrable en 48 heures. C’est, selon nous, la meilleure solution écologique du marché sur ce segment. Pour les boîtes e-commerce, on fabrique nous-mêmes à partir de plaques de carton recyclé à 100 %, issues de la cartonnerie française la plus proche du nord de la France. On ne choisit pas le moins cher, on choisit le plus proche. Ce carton est transformé ici en Belgique, puis livré en France. C’est un processus court, maîtrisé, cohérent. Et en parallèle, notre gamme de sacs réutilisables,coton, matières tissées, ne cesse de s’élargir. On incite régulièrement nos clients à faire ce passage du jetable au durable.”

Moonpack s’adresse-t-il à tous les types de commerces, ou plutôt à un profil de client en particulier ?
“ Pour chacun, on a la solution. Le petit commerce qui pense ne pas pouvoir accéder à des emballages de qualité ? Il se trompe. Le grand client qui nous perçoit comme un fournisseur d’urgence, uniquement là quand il est en rupture ? Il se trompe aussi. Avec le département MTO, on est capables de gérer des projets logistiques complexes, des gros volumes, du long terme. Chez Moonpack, accessibilité et ambition ne sont pas un choix, c’est une promesse pour chacun.”
Nina Silva l PagesMode







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