lunette de soleil

Les lunettes, véritable accessoire de mode

Il y a quelques années encore, porter des lunettes correctrices se faisait avec une certaine discrétion. On les choisissait effacées, presque invisibles, comme si les verres correcteurs étaient un détail à minimiser quand, dans le même temps, les solaires, elles, ont toujours affiché une tout autre ambition, celle d’être vues, remarquées, enviées.

Aujourd’hui, la frontière s’est estompée. Les lunettes, qu’elles corrigent ou protègent sont probablement l’accessoire le plus puissant de votre garde-robe. Celles qui transforment un look en deux secondes, qui racontent qui vous êtes avant même que vous n’ouvriez la bouche. Retour sur une révolution stylistique.

D’objet médical à pièce maîtresse du style

Pendant des décennies, les lunettes ont été pensées uniquement sous l’angle fonctionnel, corriger la vue et protéger des UV. La forme suivait la fonction. Puis quelque chose a changé. Les créateurs ont commencé à jouer avec les matières, les proportions, les couleurs. Les montures sont devenues plus larges, plus affirmées, plus audacieuses. Et les porteurs ont suivi, comprenant progressivement que ce petit objet posé sur leur nez pouvait en dire beaucoup, sur leur personnalité, leur humeur, leur univers esthétique.

Aujourd’hui, on ne choisit plus ses montures uniquement pour leur correction dioptrique ou pour les UV. On les choisit comme on choisit une paire de sneakers ou un sac, avec intention, avec envie, avec style.

Les icônes qui ont tout changé

Difficile de parler de lunettes comme accessoire de mode sans évoquer celles et ceux qui en ont fait une signature absolue. Karl Lagerfeld et ses rectangles noirs imposants, devenus aussi indissociables de lui que ses gants blancs et son catogan. Anna Wintour, dont les oversize teintés sont presque un bouclier et une marque de fabrique. Elton John, qui a élevé la monture extravagante au rang d’œuvre d’art portable. Et puis Iris Apfel, cette formidable New-Yorkaise avec ses lunettes rondes indémodables , nous rappelant que les règles sont faites pour être réinventées.

Ce que ces personnalités ont en commun ? Elles n’ont jamais regardé leurs paires comme un simple accessoire. Elles en ont fait un outil de communication visuelle, une façon d’affirmer leur présence dans une pièce. Une leçon de style qu’on n’est pas près d’oublier.

©Vanity Fair, Iris Apfel avec ses iconiques lunettes rondes

Un accessoire de mode accessible

Ce qui rend ces accessoires optiques particulièrement séduisantes dans l’univers de la mode, c’est leur relative accessibilité. Là où un sac de créateur ou une veste de luxe peuvent coûter plusieurs milliers d’euros, une belle paire permet d’injecter du style dans un look pour quelques centaines, voire beaucoup moins. C’est le fameux « petit luxe » qui change tout.

Plusieurs marques françaises incarnent cette philosophie, chacune avec son positionnement propre. Jimmy Fairly, fondée en 2011, s’est imposée en proposant des collections haut de gamme à prix accessibles qui lui permet aujourd’hui de compter plus de 160 boutiques en Europe. Izipizi suit une trajectoire différente. Fondée en 2010 par trois amis lyonnais sous le nom See Concept, la marque a démarré avec des lunettes de lecture en libre-service placées dans les banques et hôtels, avant d’élargir progressivement son offre aux solaires, aux modèles pour écran et aux collections enfants. Elle est aujourd’hui présente dans plus de 90 pays, avec des boutiques en propre à Paris, Londres et Tokyo. IYÜ Design occupe quant à elle un segment plus ciblé. Créée à Marseille par Jean-Christophe Varesano, ancien agent commercial dans le prêt-à-porter, la marque se concentre exclusivement sur les solaires, avec des collections pensées par des stylistes et distribuées à des prix volontairement accessibles. 

Le résultat ? Des clients qui multiplient les paires, qui jouent avec les esthétiques selon les saisons, les tenues, les humeurs. Une paire classique pour le bureau, une autre plus colorée pour le week-end, une troisième qui sort de l’ordinaire pour les soirées. La lunette devient une collection à part entière.

L’essor des marques indépendantes

Dans ce marché en pleine effervescence, les marques indépendantes excellent. Portées par des fondateurs passionnés, elles développent une identité forte et cohérente, qui se reflète dans leurs produits.

C’est exactement l’état d’esprit d’OKKIA, marque italienne née en 2018 de l’amitié entre quatre complices : Nunzia, Alessio, Massimo et Alfonso. « On puise notre inspiration dans les voyages, nos rêves, les personnes qu’on rencontre. Le monde qui nous entoure nous aide beaucoup », confient-ils. Une philosophie créative qui se retrouve directement dans leurs collections, des solaires déclinées pour femmes, hommes et enfants, pensées pour accompagner leurs porteurs du bureau aux vacances. Leur devise ? « Simply Waouw. » Pas juste un slogan, mais un cap à tenir saison après saison. « C’est un chemin à suivre, quelque chose que nous avons choisi en 2018 mais qui influence toujours nos recherches », expliquent-ils. Les nouvelles collections affichent d’ailleurs une identité plus marquée, « avec des matériaux et des formes un peu plus importants », pour aller vers un positionnement de luxe accessible  incarné notamment par leur toute récente collaboration avec Seletti.

Lunettes accessoire de mode
©OKKIA, “Simply Waouw”, nouvelle collection en collaboration avec Seletti

Les lunettes comme statement stylistique

Ce qui est fascinant avec les lunettes, c’est leur capacité à restructurer instantanément un visage et un look. Une monture oversize allonge le visage, une forme ronde l’adoucit, une géométrie angulaire lui donne du caractère. Sans toucher à rien d’autre, on crée une nouvelle version de soi-même.

Cela explique d’ailleurs un phénomène en pleine expansion, le port de montures sans correction. De plus en plus de personnes qui n’ont aucun besoin de correction visuelle choisissent d’en porter simplement comme un accessoire. Chez OKKIA, cette tendance ne surprend personne, leurs montures sont pensées dès le départ pour être des objets désirables en eux-mêmes, au-delà de leur fonction optique.

Tendances : formes, couleurs, influences

Côté tendances, le marché de la lunette est aujourd’hui un terrain de jeu extraordinaire. Les silhouettes oversize inspirées des années 70 côtoient les micro-paires teintées héritées des 90s et les formes papillon revisitées façon Y2K. Les verres colorés, rose, ambre, bleu fumé, s’imposent comme une alternative joyeuse aux classiques gris et marron. La transparence, elle, offre une légèreté visuelle qui séduit autant les minimalistes que les amateurs de pièces statement.

Un objet d’identité

Au fond, ce qui fait leur force aujourd’hui, c’est leur dimension identitaire. Elles participent à la construction de notre image, celle qu’on projette dans la rue, au bureau, et bien sûr sur les réseaux sociaux, où un bon selfie avec la paire parfaite peut faire beaucoup de chemin.

Ce lien émotionnel entre le produit et son porteur est au cœur de ce que les lunettes sont devenues. Elles ne sont plus simplement un achat, elles sont une adhésion à un certain regard sur le monde, une façon d’affirmer qui l’on est ou qui l’on souhaite être

Et si on construisait une garde-robe de lunettes ?

Et si, finalement, on pensait nos lunettes comme on pense nos tenues ? Une paire pour chaque humeur, chaque saison, chaque version de soi. Un classique indémodable pour les jours sérieux, une monture audacieuse pour les jours où on a envie d’exister fort, une couleur inattendue pour surprendre. Elles sont peut-être le seul accessoire qui offre autant de possibilités pour un investissement aussi raisonnable.

Le petit luxe accessible par excellence. Et clairement, on n’est qu’au début de l’histoire.

Nina Silva l PagesMode

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